Ce début d’année 2019 aura été marqué par « les marches pour le climat ». À travers le monde, des milliers de personnes se sont mobilisées pour exprimer leur volonté de prendre des mesures fermes pour protéger la planète. Parmi elles, une femme, Hindou Oumarou Ibrahim, reconnue pour son engagement au-delà des frontières de son pays, le Tchad. Elle élève la voix et se fait avocate des Mbororo, une communauté nomade, qu’elle représente dans les conférences internationales. La sensibilisation au sort de son peuple, est la voie qu’elle a choisi afin de conscientiser les décideurs sur l’urgence de mettre en œuvre une véritable politique globale de protection de l’environnement.

Young Wodaabe women. Photographed 1997 in Niger. © Dan Lundberg sur Wikimedia Commons

Porte-voix d’une communauté nomade du Tchad

Hindou Oumarou Ibrahim interpelle. Elle interpelle sur ce qui peut parfois nous échapper lorsque l’on parle d’environnement. Au-delà de la disparition de milliers d’espèces de la faune et de la flore, ou encore, de la fonte de la calotte glacière, il y a des modes des vies, des traditions et des relations humaines qui sont fortement altérées.

En effet, pour un peuple comme les Mbororo, le changement climatique impacte non seulement leur environnement mais aussi la structure sociale du groupe. Les femmes en sont les premières victimes, ce sont elles qui vont puiser l’eau, cultiver la terre et nourrir le bétail. Mais la sècheresse rend ces tâches beaucoup plus laborieuses. Les hommes quant à eux sont contraints de quitter la communauté pour trouver de quoi nourrir leur famille. Le noyau familial est éclaté. Dès lors, ce le fonctionnement de toute la communauté qui est déréglé.

Linking African pastoralist and scientific knowledge: Mbororo in Chad © Climate Frontlines

Du changement climatique au bouleversement des modes de vie

Se posent aussi les questions de l’héritage : doivent-ils transmettre ce mode de vie aux jeunes générations dans un environnement qui leur est devenu hostile ? Doivent-ils rejoindre les villes et perdre ainsi leurs traditions ancestrales ? « On avait les saisons qui commençaient exactement toujours le même mois, mais maintenant, on ne sait plus », raconte Mme Ibrahim.

Des questions qui restent aujourd’hui malheureusement sans réponses mais qui résonnent particulièrement dans les esprits des dirigeants de ce monde. Lorsque Hindou Oumarou Ibrahim se lève à la tribune de l’ONU, c’est pour rappeler que ces négociations sont bien trop souvent tournées vers l’économie : l’enjeu l’humain est négligé. Ces rencontres au sommet ne tiennent compte que d’une partie minoritaire des habitants de cette terre.

Quand le climat bouleverse les traditions, ce sont des communautés qui disparaissent. Heureusement, des hommes et des femmes, tels que Hindou Oumarou Ibrahim se mettent en action pour rappeler qu’en protégeant notre environnement, c’est aussi notre patrimoine culturel et identitaire que nous sauvegardons.

Et pour vous ?

Et vous ? En quoi le changement climatique modifie vos traditions ?

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