Le changement climatique est le changement du type de météo moyen ou de climat sur une période donnée. Le changement se manifeste le plus clairement par une augmentation ou une diminution de la température moyenne des océans et de l’atmosphère terrestre, mesurés à l’échelle mondiale sur plusieurs décennies, des changements de circulation atmosphérique et de cycle de l’eau, et, par voie de conséquence, de la couverture nuageuse et de la quantité de précipitations sur Terre.

Le changement climatique actuel est le fait des émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrées par les activités humaines, modifiant la composition de l’atmosphère de la planète. À cette évolution viennent s’ajouter les variations naturelles du climat.

La vie est possible sur terre car elle est protégée du rayonnement solaire par l’effet de serre. Comment ça marche ?

Disons d’abord que ce phénomène est parfaitement naturel. Le rayonnement solaire traverse l’atmosphère avant d’arriver sur la surface de la terre, qui ré-émet dans l’espace une partie du rayonnement reçu, en particulier des infra rouges. Ceux-ci sont partiellement arrêtés par une couche atmosphérique composée de dioxyde de carbone, de méthane, et de protoxyde d’azote, appelés gaz à effet de serre (GES).C’est grâce à ce phénomène que la Terre n’est pas gelée, ce qui rend la vie possible, à la différence de multiples autres planètes.

Mais la fourchette de températures qui rend la vie terrestre possible est extrêmement resserrée : entre 0 et 100°C, afin que l’eau soit liquide à des pressions normales.

Rappelons que 3 « ingrédients » sont fondamentaux pour la vie terrestre actuelle, à savoir carbone, eau liquide (superficielle ou non) et source d’énergie (lumineuse ou chimique). Or la gamme des températures possibles va de -273°C à plusieurs millions de degrés, les pressions et la composition minérale des planètes varient à l’infini, ce qui fait dire aux scientifiques que la vie sur Terre était infiniment improbable.

Les gaz qui augmentent l’effet de serre : gaz carbonique (CO2), azote(NH4) et dioxyde d’azote (N2O)

L’accroissement du CO2, NH4 et N2O est la cause réchauffement climatique.

Le GIEC, Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (constitué par l’ONU en 1988, ouvert aux experts de tous les pays), dans son rapport de 2013, certifie que les activités humaines (industrialisation massive, agriculture intensive, déforestation…) sont responsables à plus de 95% du réchauffement climatique, parce qu’elles génèrent une forte augmentation de la teneur de ces gaz.

Ces gaz s’accumulent dans l’atmosphère comme jamais auparavant, comme le montre les travaux de recherche de Claude Loriot, glaciologue, par l’analyse des bulles d’air piégées par les glaces de l’antarctique il y a 800 000 ans.

Quatre conséquences essentielles pour la vie sur terre :

1. Montée des températures

La température moyenne terrestre a augmenté de 0,85°C depuis la fin du XIX°s et si nous continuons au rythme de développement, d’industrialisation et de démographie actuels, la concentration de CO2 peut doubler d’ici la fin du 21°S, entrainant une hausse de température moyenne qui peut atteindre 4,5°C.
En attendant, les températures extrêmement chaudes ou extrêmement froides concernent désormais 10% de la surface émergée.

2. Élévation du niveau des mers et des océans

Les glaciers, qui piègent 75% de l’eau douce terrestre, en altitude ou aux pôles, sont en train de reculer à vue d’œil. Les banquises arctiques et antarctiques fondent dans l’océan et font monter son niveau, au rythme actuel de 3,3 mm par an, 19 cm depuis 1901. Les climatologues du GIEC estiment que les eaux pourraient monter de 80 à 120 centimètres d’ici à la fin du siècle.
Les états insulaires sont menacés, les Maldives, mais aussi certaines villes de bord de mer. Savez-vous que 20 mégapoles sur 32 sont au bord de l’océan ? Tokyo, New York, Le Caire, Bombay, Shangaï, Lagos, Sao Paulo…

3. Dérèglement des précipitations

Les pluies augmentent pour les latitudes moyennes et hautes (Nord de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique du Nord), avec des inondations de plus en plus fréquentes.
Dans les contrées déjà touchées par la sécheresse (Californie, Afrique, Asie du Sud) on prévoit des périodes de sècheresse plus longues et une réduction du débit des fleuves, d’où des problèmes de refroidissement des centrales électriques. Les pays d’Afrique subsaharienne commencent déjà à souffrir de l’irrégularité, voire de l’insuffisante fourniture d’énergie.

4. Acidification des océans

Effet méconnu mais inquiétant, la dissolution du CO2 dans les eaux de surface provoque leur acidification. La rapidité de ce phénomène est inédite depuis 300 millions d’années et les scientifiques ignorent les conséquences qu’il aura dans les prochaines décennies sur les courants marins, l’abondance et la biodiversité de la flore, à commencer par les coquillages et planctons, premiers maillons de la chaine alimentaire sous-marine. Là encore, c’est notre sécurité alimentaire qui est menacée.

Rappelons que :

  • La Terre, dans sa forme actuelle, a 4,3 d’années
  • La vie existe depuis 2,2 Milliards d’années
  • Homo Sapiens est apparu il y a 200 000 ans
  • Révolution industrielle depuis 200 ans

Si on ramène ces chiffres à l’échelle d’une vie humaine, que l’on considère que la Terre a 60 ans, l’Homme est un enfant de 1 jour et la révolution industrielle date d’il y a 1 minute. On peut dire : « en 1 minute, l’homme a tout déréglé ! »

On peut considérer aussi que l’humain est très jeune sur une planète mature. Considérons que nous sommes en ce moment dans ce carrefour de transition où nous devons rectifier notre tir, à la fois en atténuant nos émissions de GES là où elle sont excessives (dans les pays industrialisés), et en adaptant nos choix de production et de développement afin qu’ils soient durables.

L’exemple de la Région de l’Oriental au Maroc

Des associations environnementales ont commencé à travailler depuis plusieurs années, à alerter les services publics, à sensibiliser les populations, à initier des actions de lutte contre les effets du réchauffement climatiques.

Ainsi, par exemple, l’augmentation moyenne des températures prévues d’ici la fin du siècle pour le nord Maroc est presque partout supérieure à 2°C.
La pluviométrie diminue (moins de jours de précipitations et moindre quantité).

Le littoral en particulier, fragile, recèle d’innombrables Sites d’Intérêt biologiques et Ecologiques menacés par la montée du niveau de la mer, la déforestation et les constructions en zone inondables. La mer a gagné 120 mètres entre 2003 et 2011. A soixante kilomètres à l’Ouest de Rass El Ma, se trouve la lagune de Marchica. Cette petite mer est l’une des plus importantes lagunes en Méditerranée, aujourd’hui mise en péril par les rejets liquides sans traitement de l’urbanisation galopante.  L’Agence d’Aménagement est chargée aujourd’hui de gérer les défis particuliers de cette zone.

Au delà de ces sites écologiques remarquables, la région dans son ensemble souffre des aléas climatiques, ralentissant des activités économiques déjà fragiles. Par exemple, les zones de pâturage se raréfient, suite aux fortes dégradations du couvert végétal, et le déficit fourrager augmente d’année en année. Ce n’est pas un hasard si cette région, aux ressources rares, déficitaire pour son alimentation et qui a vu sa population exploser ces 30 dernières années, est celle qui compte le plus de marocains résidant à l’étranger.

L’exemple de la région du Sénégal et du Sahel

Le climat du Sénégal et du Sahel a effectivement changé sous l’effet de 2 facteurs principaux :

  • Persistance d’un déficit d’événements pluvieux, conjuguée à un renforcement des pluies intenses, correspondant typiquement à un climat plus extrême caractérisé à la fois par des périodes sèches plus sévères et des précipitations plus fortes quand il pleut.
  • Augmentation moyenne très significative des températures.

Ce nouveau climat a des conséquences particulièrement graves pour les populations sahéliennes, en rendant les récoltes plus aléatoires du fait de périodes sèches plus sévères en saison des pluies et en augmentant la fréquence des inondations, soit localement, soit même à l’échelle de grands bassins. D’une manière générale, l’Afrique de l’Ouest est le siège d’une recrudescence d’inondations meurtrières depuis une dizaine d’années que l’on peut attribuer à l’effet conjugué de l’intensification pluviométrique et à des changements d’usage des terres. La déforestation, la réduction des jachères et l’urbanisation se conjuguent en effet pour diminuer la capacité d’absorption de l’eau par les sols, notamment en zone sahélienne.

Aujourd’hui, l’intensification climatique se manifeste tout d’abord sous forme de chocs localisés, dont les effets se propagent à l’ensemble de la sous-région, qui joue un rôle d’amortisseur. Avec l’augmentation continue des températures, l’ampleur de ces chocs et leur extension risquent de s’accroître, provoquant un déséquilibre socio-économique dans l’ensemble de la région.

Conséquences, défis et enjeux :

  • Déplacements de population suite aux inondations. Par exemple, en 2012, on estime à plus de 500 000 le nombre de déplacés au Niger suite aux crues exceptionnelles enregistrées cette année-là (à titre temporaire et sur des distances limitées).
  • Inadaptation des variétés cultivées ou proposées par rapport à cette nouvelle donne climatique. Il aurait lieu de développer des variétés plus adaptées (mil, légumineuses, …).
  • Imperméabilisation des zones périurbaines, augmentent les coefficients de ruissellement et l’impact des fortes pluies.
  • Croissance rapide de la population et sa concentration dans des zones facilement inondables sont de nouveaux facteurs de vulnérabilité.
  • Adaptation des normes réglementaires. Par exemple en matière de normes hydrologiques, les normes utilisées pour dimensionner les ouvrages de génie civil et les barrages, ont été élaborées il y a parfois plus de quarante ans. Elles sont aujourd’hui complètement inadaptées, mais les Etats ou les entreprises n’en ayant pas vraiment pris acte, elles n’ont toujours pas été révisées.

Aujourd’hui, l’appropriation par les décideurs et les acteurs de la société, des enjeux climatiques qui les touchent est essentielle. Une chose est sûre : il est nécessaire de dépasser le stade de l’alerte purement climatique.

Colette Gaillard, experte changement climatique
Dominique Linossier, expert développement durable des territoires

En savoir +

Cet article fait partie d’un dossier consacré au climat. Découvrez la suite dans À quoi servent les COP sur le climat ? [à paraître]

Pour aller + loin

Le Changement climatique pour les Nuls de Olivier NOUAILLAS et France WWF, 2014

Comprendre le réchauffement climatique en 4 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=T4LVXCCmIKA

Le réchauffement climatique en 10 chiffres : https://www.youtube.com/watch?v=8uHXWLgLGjU

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