Le dernier Rapport de synthèse du GIEC, publié en automne 2018, confirme que l’influence de l’homme sur le système climatique est manifeste et de plus en plus forte. On observe ses incidences sur tous les continents et dans tous les océans. Nombre des changements constatés depuis les années 1950 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. Le GIEC est désormais certain à 95 % que l’homme est la première cause du réchauffement planétaire actuel.

GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le GIEC est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’ONU. Il regroupe actuellement 195 États.

Le Rapport de synthèse constate en outre que plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes, ainsi que d’altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique sont élevés. Le Rapport rappelle que nous disposons d’options pour circonscrire ces changements et les risques qu’ils posent, et que de nombreuses solutions envisageables permettraient un développement économique et humain soutenu. Cependant, pour stabiliser l’augmentation de la température sous le seuil de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, nous devrons d’urgence nous écarter radicalement du scénario du “statu quo”. Par ailleurs, plus nous attendrons pour intervenir, plus les mesures à prendre coûteront cher, et plus les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels qu’elles posent deviendront difficiles à surmonter.

Ces constatations et les autres informations dont fait état le Rapport de synthèse ont sans aucun doute amélioré considérablement notre compréhension des enjeux les plus critiques posés par le changement climatique : le rôle des émissions de gaz à effet de serre; la gravité des risques et des conséquences, en particulier pour les pays les moins avancés et les collectivités les plus vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face; les options envisageables et les conditions qu’il nous faudra respecter pour y avoir recours et faire en sorte que le changement climatique reste gérable. Ainsi, le Rapport de synthèse attire l’attention des responsables politiques et des citoyen·n·e·s du monde sur la nécessité d’agir d’urgence pour faire face à ces défis.

Plus récemment, début mai 2019, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques a dévoilé son rapport d’évaluation mondiale des écosystèmes. Là encore, le constat est sans appel : “la nature décline de façon globale et à des rythmes sans précédent dans l’histoire humaine”. Aujourd’hui, les trois-quarts de l’environnement terrestre et environ 66% du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. Le rapport précise : “Il y a des symptômes mais il y a des remèdes. Nous avons maintenant le choix de les prendre ou non”.

Face aux conséquences désormais prévisibles du changement climatique, il est urgent que nous prenions, collectivement et individuellement, conscience de l’ampleur du phénomène et de ses effets, de façon à changer nos paradigmes de vie et nos comportements en conséquence.

Colette Gaillard, experte changement climatique
Dominique Linossier, expert développement durable des territoires

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Cet article fait partie d’un dossier consacré au climat. Découvrez la suite dans Changement climatique : de quoi parle-t-on ? [à paraître]

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