Une conférence TED (février 2006).

A la façon d’un présentateur sportif, Hans Rosling met à mal la représentation du monde binaire d’universitaires occidentaux

Alors qu’il donnait un cours de santé globale dans une université suédoise renommée, le statisticien Hans Rosling a mené une petite expérience auprès de ses étudiants en leur proposant le test suivant : « Sur ces cinq paires de pays, quel est le pays qui a la mortalité infantile la plus élevée? » Bien que pour chacune des paires sélectionnées l’écart de mortalité infantile s’élevait du simple au double, les résultats des étudiants ont été sans appel, avec une moyenne de seulement 1,8/5 bonne réponse ! Et Hans Rosling de conclure : le problème mis en évidence ici n’est pas l’ignorance, mais les idées préconçues de ces scientifiques en devenir sur le monde qui les entoure.

Qu’il s’agisse de l’espérance de vie, du PIB, de l’accès à internet… le monde n’est plus divisé en deux pôles. « Nord/Sud », « développé/en voie de développement » ne sont plus des variables relevantes pour mesurer et comparer ces données. Depuis les années 1960, les résultats statistiques du-dit « Sud » ont en effet tendance à converger avec celles du « Nord ». S’il existe encore une répartition inégale des richesses, celle-ci se situe au sein-même des groupements habituellement considérés: entre les différents pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, etc. Dans cette perspective, il est bien illusoire de vouloir encore proposer une solution unique « pour les pays d’Afrique »!

Une représentation binaire du monde à dépasser, à affiner.

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